Saturday, November 3, 2012
Tuesday, October 30, 2012
Seele des Lebens
Ame de la vie.
Déclin, qui baigne d’une lueur blême
le feuillage,
Dans le bois demeure son blanc
silence.
Bientôt un village paraît se pencher
pensivement,
De la sœur la bouche soupire dans de
noirs branchages.
Le Solitaire se sera bientôt glissé au-dehors,
Peut-être un berger sur d’obscurs
sentiers.
Une bête sort doucement des arcades
du bois,
Tandis que les paupières s’agrandissent
devant la divinité.
Le bleu des flots coule en toute
beauté,
Des nuages se montrent au soir ;
L’âme également dans un silence
angélique.
Des images passées vont déclinant.
Georg Trakl, Seele des Lebens; Gedichte, p.22.
Sunday, September 30, 2012
Du bon usage du conditionnel
Ils ne se parlaient
plus qu’à de longs intervalles, indolemment, comme des voyageurs couchés sur
les banquettes de la salle d’attente, qui tuent le temps en attendant l’arrivée
du train.
« Un enfant,
murmura-t-il comme à contrecœur. Un enfant qui a connu la faim, la guerre, la
fuite, l’arrêt aux frontières… Un enfant qui a tout vu, mais n’a pas souffert.
Pour un enfant, c’est un jeu… Un étudiant qui manque ses cours, qui accepte çà
et là l’argent qu’on lui offre… Qui continue à jouer avec la vie et la mort… Un
garçon qu’on a habitué à tout. « Comme ceux qui n’ont pas d’espérance… »
Du jour où je vous ai connus, j’ai compris. Tu changeras peut-être le monde
puisque tu m’as changé.
—Non, dit-elle, je
ne t’ai pas changé. Tu es comme tu es. »
Un peu haletant, il
se redressa. Dans le faux jour lunaire, ses cheveux et sa face semblaient faits
d’une même matière délicate et pâle. Marcella tourna vers lui son visage baigné
aussi d’une blancheur de marbre.
[…]
« Sais-tu,
reprit-il à voix basse, il m’arrive de penser que c’est nous, nous qui ne
sommes pas purs, nous qui avons été humiliés, dépouillés, salis, nous qui n’avons
ni pays, ni parti (non ! non ! ne proteste pas), qui pourrions être
ceux par lesquels le règne arrive… Nous qu’on ne corrompra plus, qu’on ne peut
pas tromper… Commencer tout de suite… à nous seuls… Un monde si différent qu’il
ferait de lui-même crouler tous les autres, un monde sans revendications, sans
brutalité, surtout sans mensonges… Mais ce serait un monde où l’on ne tuerait
pas.
Marguerite Yourcenar, Denier du rêve.
Thursday, September 27, 2012
Saturday, September 22, 2012
fumiers
« Ils se purifient en vain
par le sang souillés, comme si
quelqu’un ayant marché dans la boue avec
de la boue se nettoyait ; il paraîtrait délirer si un homme le remarquait agir
ainsi. Et ils adressent des prières à ces idoles, comme si quelqu’un adressait
la parole à des maisons, ne sachant ni des dieux ni des héros comment ils sont. »
Héraclite; il y a 2 500 ans, écrivait ces lignes, qui visent toutes les purifications ethniques et/ou religieuses passées & à venir..
Tuesday, September 4, 2012
Sunday, August 19, 2012
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