Saturday, November 20, 2010

Dernière lettre à Derrida


7 février 2004

Cher Jacques,

Voici que sur le point de vous écrire ou plutôt de vous réécrire, car j’ai égaré la lettre écrite il y a une semaine, je tombe, au milieu d’archives diverses et, j’allais dire d’un mauvais jeu de mots, avariées, sur ce que je crois bien être la première lettre que vous m’ayez adressée, sur papier à en-tête des Hautes Etudes, datée du 14 juin 1991—la date est manuscrite, comme la signature et les quelques mots dessous : « Cette lettre m’est revenue, je la renvoie. J.D. » (Je devais être rentré en France après mes deux ans de Seattle, et vous n’en saviez rien.) Comme toujours ou presque, vous cherchiez à vous faire pardonner la brièveté (« Pardonnez-moi ce mot exsangue »), et comme toujours ou presque, ce sera d’être trop disert que je voudrais me faire pardonner à l’avance.

Vous veniez de recevoir le manuscrit du second tome de Solitudes, et vous écriviez, je cite car je doute que vous en ayez gardé une trace : « A travers votre livre comme à travers votre lettre, je vous suis de mieux en mieux, et avec une sympathie croissante, dans vos itinéraires de pensée aussi bien que dans votre trajectoire américaine. »

« Je vous suis de mieux en mieux » : treize ans plus tard, je suis très tenté de me dire, sans rire : « eh bien, il en avait de la chance ! ». Rien en effet ne me paraît plus problématique aujourd’hui, où je suis bien incapable de dire, sinon où je suis—physiquement, revenu à Nashville, terme de ma « trajectoire américaine » depuis plus de sept ans—du moins où j’en suis.

Coïncidence, voici qu’à une demande de sujet pour une conférence je ne sais plus trop où sur ce continent, j’ai donné, puisque l’on me demande fort naïvement de présenter quelque chose de soi-disant plus « facile à suivre » que « Blanchot ou Nancy », votre « animal que, donc, je suis », avec comme dessein premier d’élucider la question restée pour moi en suspens depuis la décade de 1997, qui n’est d’ailleurs pas tant celle de « l’animal » que du « suivre ». Il y a quelque temps, étant appelé à parler dans une conférence « Heidegger » à New Haven, j’avais donné comme titre de ma contribution « Pas à suivre » ; j’y citais les mots de Heidegger commentant les derniers mots de Nietzsche sur le dernier pas, le plus difficile à accomplir, à savoir, ce qui suit après l’avoir trouvé, la nécessité de le perdre.

Bien sûr, le « qui suit qui ? », et surtout « qu’est-ce que suivre, suivre une trace qui n’est pas écrite à proprement parler, dans le parler du propre de l’homme ? », c’est aussi la question de l’animal, et je devrais joindre à la photo du chat disparu « Jackie » celle du chien qui a suivi et que ma future vient d’adopter d’une association vouée à sauver les « retired greyhounds » de l’abattoir ou des laboratoires, un splendide lévrier tout noir qu’elle a appelé, sans ambages, « Ulysse ».

J’ai préféré aujourd’hui vous envoyer ce « faire-part » qui ne fera sans doute que confirmer ma réputation de « philosophe morbide ». Je laisse dire, comme vous devez bien le savoir les réputations sont parfois des paravents bien commodes.

Fallait-il préciser le lieu, l’époque, les circonstances ? Cimetière de Chauchilla, situé à 30 km de Nazca, Pérou, où nous avons été voir les fameuses « lignes » à propos desquelles le guide écrit : « Nul ne connaît la signification exacte de ces immenses motifs géométriques dessinés dans le désert et uniquement visibles du ciel » ; le même guide dit aussi ceci du cimetière : « Il est conseillé de suivre le sentier balisé, car le sol est jonché d’ossements et de fragments de tissu ». J’ai moi-même failli marcher sur un crâne d’enfant.

Tout cela pourrait en effet paraître infantile—et l’est peut-être. Peu m’importe : il est simplement étrange qu’enfant, j’ai été si familier des tombes « nues » dans le désert, ou des momies dans le musée poussiéreux du Caire. L’Amérique a bizarrement à voir avec cela.

En toute fidèle amitié

Tuesday, November 9, 2010

Georg Trakl n’est jamais mort


Date: Sat, 09 Nov 2002

Cher Monsieur, Je viens de terminer votre « dict », Tombeau de Trakl. Comment vous dire ce que j’ai pu ressentir si ce n’est que j’ai le même ressenti que vous ? […] Ce que Trakl dit, c’est ce que je cherche à dire[…] mes photographies. Sa vision de la vie est la mienne, malgré les différences de contexte historique, économique. J’ai l’impression d’avoir été lui. Etrangement. Je suis passionnée par son œuvre, et j’ai l’impression d’être la seule. Je pense qu’il n’est jamais trop tard lorsqu’on est conscient. C’est pour cela que je prends la liberté de vous écrire. […] Votre phrase pourrait être la mienne : « Il n’y avait vraiment rien à voir et je l’avais toujours su. Ou bien il fallait inventer un autre regard, un autre sens et une autre image. »

Date : Fri, 8 Nov 2002 18 :33 (Central Standard Time)

« D’abord, et pour vous citer, « merci de m’avoir lu ». Se faire lire est parfois un genre de terrorisme, c’est d’ailleurs pourquoi je préfère infiniment les lettres de lecteurs inconnus. Le fait est : avoir lu Trakl est are, et comme pouvez aisément vous l’imaginer, mon livre n’a pas été un best-seller. Il n’y a pas à s’étonner là : on est aussi seul à lire Trakl qu’il était seul, seul à être Trakl, et peut-être est-ce cela, et cela seul, qui m’a attiré : ses solitudes.

« Et n’est-il pas étrange de « communiquer » autour de quelqu’un qui a dit qu’on ne peut en aucun cas communiquer ? Trakl à l’âge de l’Internet ! […] Si vous voulez, je peux vous envoyer une photo de la tombe de Trakl. (Par courrier ordinaire, ça date quand même !) Puisque vous voulez marcher dans ses pas, est-ce que vous comptez aller aussi à Grodek, aujourd’hui en Pologne ? Un dernier point, avant de clore cette lettre trop bavarde, je serais plus qu’intéressé à savoir ce que vous entendez par « vision de la vie » chez Trakl, qui n’est peut-être jamais mort, mais peut-être pour l’avoir toujours été…»

Sat, 9 Nov 2002 17 :00 (Central Standard Time)

[…] Mais sincèrement, j’allais dire prosaïquement, je veux dire, sans rhétorique, j’aime bien marcher dans vos pas. Les nuées, par exemple : c’est une exposition visuelle de la condition poétique (dans les nuages, selon Baudelaire). Et la série étonnamment exacte des brumes… J’avais votre âge (est-ce un hasard s’il mesure la durée de la vie de Trakl ?) quand j’ai dit adieu à toute image (j’avais commencé à avoir des vues sérieuses sur le cinéma). J’en éprouve maintenant plus d’un regret. Les mots, j’ai beau en être fou (comme l’écrit mon ami philosophe Jean-Luc Nancy), ils ne me satisfont jamais vraiment. Je me console en me disant que ce qui leur manque est aussi ce qui fait leur force : ils disent toujours autre chose que ce qu’on veut leur faire dire. J’essaie de les plier dans tous les sens, mais du coup ce sont eux qui s’en vont dans tous les sens. Bref, ils résistent trop ou pas assez. Et, au fond, comme je n’aime pas être leur prisonnier, je les laisse faire. Car l’admirable, c’est qu’ils parlent encore mieux quand on les laisse tout seuls. »

Thursday, September 16, 2010

"Qu'advient-il du trou lorsque le fromage a disparu?"

"Lettre" adressée à Roberto Altmann et datée du 5 octobre 2001, mais dont il m'est impossible de savoir si elle a été envoyée et donc reçue; de toute façon, avec R.A., la réception n'implique pas forcément, et même très rarement la lecture immédiate, a fortiori une "réponse". Je n'en attends pas davantage aujourd'hui, même avec le décalage ou la "différance" dont il a été l'adepte le plus fidèle, en toute inconscience; car entre-temps les lettres sur papier ont disparu, exactement comme les photos sur négatifs, qui exigeaient du temps, ne serait-ce que de passer par une chambre noire pour le "développement".

Décidément, à quoi ressemble notre correspondance? A un monologue, j'en ai peur. Mais peu importe, si ce monologue parle pour tout le monde, ou si le monde n'est qu'un vaste monologue, chanté comme l'Internationale sur tous les tons et dans (presque) toutes les langues...

La dernière, je crois, remonte à mon séjour à Clairegoutte, 1997, pour mettre une date. J'y faisais une ébauche de nos Lignes de fuite, et depuis, ça fuit dans tous les sens, et les chances de trouver un plombier s'amenuisent de jour en jour. Une de mes étudiantes, qui n'a trouvé rien de mieux à dire pour titre de sa thèse que "Rien à dire", probablement pour copier mon C'est à dire (sans traits d'union), m'a récemment envoyé une carte postale qu'elle jugeait sans doute "spirituelle" dans le sens de l'esprit "français",, tout simplement une citation de Brecht: "Qu'advient-il du trou lorsque le fromage a disparu?" Elle commençait par un"dear From", manière en effet de raccourcir et le froment de mon nom, et le fromage que j'ai entendu toute ma scolarité... Mais elle ne répondait pas à la question de Brecht. Alors laisse-moi répondre à sa place: --Evidemment rien, il n'advient jamais rien des trous, grands ou petits, vous devriez bien le savoir, c'est toujours le même trou. Reste à savoir ce qui ne le serait pas.
[...]
Ah, l'Amérique! dis-je en poussant un soupir...
Elle nous aura bien eus, la garce! Et pourtant, surtout après le grand trou fait dans les tours --tour et trou sont de beaux anagrammes-- du W.T.C. , je lui reste plus fidèle que jamais. Pas question de faire mes bagages, de toute manière ce seraitpour aller ? Sans même évoquer l'aberration qui a conduit ma "estranged wife" à se réfugier sous des parapluies chinois, je me refuse à revenir, la queue basse, à une "patrie" qui n'a jamais été très accueillante, et donc me sens, rien que par esprit de contradiction, plus déterminé que jamais à rester ici, dans ce trou verdoyant, même si ça n'a aucun sens: de toute façon, rien n'a en soi de sens, il faut d'abord le faire, make sense, comme ils disent. Le sens, ça ne traîne pas par terre comme les débris des tours. Et même si c'était le cas, même si j'arrivais par miracle à faire sens de ces débris, devrais-je l'épouser aussitôt, quand épouser qui ou quoi que ce soit relève du suicide? Quand le seul sens qu'il y ait encore lieu de poursuivre, c'est d'être sans?

Saturday, September 11, 2010

De la guerre


Tout à l'heure j'ai posté sur facebook cette photo tirée de ma série "na-guerre" prise sur l'étang glacé de la propriété maternelle en Bretagne-Nord. Je ne sais plus trop si c'est l'hiver dernier ou celui d'avant, la seule date sur la photo est celle de parution du tiré-à-part et bien antérieure au premier événement majeur du XXIème siècle, majeur non pour le fait lui-même (et même le nombre de victimes) mais pour ses conséquences qui durent encore aujourd'hui: la guerre n'est pas finie, pour renverser le titre d'un des plus beaux films du cinéma français (que j'ai vu à l'âge de treize ans en compagnie de la fille délurée de la bonne qui travaillait chez mes parents, je dois dire que c'est ma première expérience sexuelle virtuelle, 1967 me semble-t-il).
Je m'en veux, pour une fois, de ce que j'ai laissé publier, il est vrai dans une note de vase de page (comme si ce n'était pas là que se terraient les mines les plus sanglantes) que je n'ose même plus aller relire. Le fait est que je n'ai rien vu jusqu'à ce que mon colocataire, un Américain au nom et au tempérament bien irlandais, vienne me tirer de mon lit où je pionçais comme un ange... Et naturellement j'ai maudit ces hypnophobes mais je crois encore plus les images passées en boucle toute la journée--même pour mon séminaire à 17h ça continuait à passer alors que tout s'était déjà passé, j'ai donc fait cours avec le son éteint, et ça tombait bien, "Politics of Deconstruction", à croire que celle-ci était de mêche avec les conspirateurs... et son auteur que j'allais devoir accueillir le mois suivant, pour parler de parjure...

Non, il n'y a rien à célébrer en ce jour de non-gloire, rien à construire non plus, pas même une mosquée, il aurait fallu au contraire laisser tout en l'état, ou juste nettoyer et faire comme les Allemands après leur apocalypse, par exemple mettre un toit de verre sur le site dévasté. Quel meilleur mémorial à la folie de la guerre?
Pour finir le pasteur qui avait annoncé publiquement qu'il brûlerait sur la place publique des centaines de Corans s'est dégonflé. Normal, ils n'ont pas de couilles, ces religieux! Anyway, ce n'est pas en brûlant en effigie de simples copies sur papier qu'on anéantira la Chose--qui n'est justement rien d'une chose, sans être non plus la bête immonde de Voltaire. L'Islam repose sur bien autre chose qu'un simple livre, fût-il tenu pour saint ou sacré (au choix ou en même temps). D'ailleurs, au peu que j'en ai lu (en traduction, hélas!), il m'est apparu plutôt du niveau très terre-à-terre d'un Confucius, par exemple: des recettes de vie en société archaïques et risibles, voire cruelles ou incompréhensibles. En tout cas fort peu de divin. Le Prophète lui-même n'est vraiment pas aussi sympa que Jésus, même s'il semble un peu plus malin. Plus sage, aussi, il prend soin de se cacher derrière son dieu dont il n'est, dit-il, que le porte-parole. Ou le ventriloque comme l'explorateur blanc converti aux fétiches de l'Amazone dans L'Oreille cassée. Mais ce n'est pas du tout aussi drôle, et en plus on n'a pas le droit d'en rire ou d'en faire des caricatures. Et vous parlez d'une religion tolérante? Plutôt psycho-rigide, non? En plus, comparées au moindre petit dialogue de Platon, ces Ecritures de cochon ne tiennent pas une seconde. Alors, moi je dis, pour conclure ce sujet explosif, ça ne vaut certainement pas la chandelle de le brûler, ce "volume"! Et si vous n'êtes pas d'accord, essayer voir un peu de brûler votre écran d'ordinateur.

Saturday, August 28, 2010

La condition divine

Le Dieu, dans le moment tragique, qui est celui d’une théophanie sans théophanie (il n’appartient pas au divin de paraître, il n’y a nulle révélation), n’est « présent » —et Dieu sait s’il l’est— que dans son détournement même, son retrait ou son reflux, sa fuite : le mouvement par lequel il s’ « absente » (si jamais, faut-il penser en conséquence, il fut autrement « présent » que dans la pure et simple mania ou l’hubris, dans l’outrance). Il n’est plus rien que temps « lui-même », qui « est » néant. Pur passage, disaient les prophètes. Dieu lui-même n’est pas. Ce qui veut dire que non seulement il est lui-même fini, « existant ». Mais, plus impensable encore, que n’existant que comme le passage même, c’est-à-dire l’existence, il n’existe pas. Telle est sa condition. Dieu n’existe qu’à la condition de ne pas exister mais d’ « être » l’existence. Par où sa finitude est aussi bien in-finie. C’est pourquoi il ne paraît pas, il n’y a pas de révélation.
Philippe Lacoue-Labarthe, Métaphrasis, Paris, collège international de philosophie, 1998, p.40-41.
J’ai mis en gras la phrase que j’avais omise dans une première copie de cet extrait d’une conférence donnée par P. L-L. (pourquoi avons-nous tous les trois des initiales triples ?) en décembre 1997, au Collège. Je ne l’avais ni écouté (étais-je en train de crapahuter dans les montagnes de Pennsylvanie avec ma compagne de Holzweg ?) ni même lu, peut-être parce que je partage en effet le « mépris dans lequel Heidegger tient le théâtre en général » —à l’exception peut-être du théâtre de la cruauté, mais c’est une tout autre affaire que justement du théâtre, même « moderne ».
« Pur passage, disaient les prophètes. » En quelle langue ? En grec ? En hébreu ?
Au lieu de « pur passage », où « pur » est de trop, suggérant une privation là où, du point de vue divin (et il faut bien se mettre à sa place pour pouvoir ne serait-ce qu’en parler, fût-ce en des termes qui rappellent singulièrement la rhétorique de la théologie négative),- c’est de la mort que le « Dieu » (pourquoi lui conserver une majuscule et même lui retirer son article défini ?) est à jamais privé : immortel, soit qui peut mourir aussi peu que l’existence comme « passage », j’avais risqué il y a déjà plus de vingt ans le mot de passance : concept intenable, comme l’est toute pensée issue de la chose même. Il combine le pas et le sens sans déterminer l’ordre de passage ni dans quel sens ça va, donc c’est moins « pur » que libre qu’il faut l’exister, pour suivre son pas, son allure, « le dégagement rêvé » comme dit le Génie d’Arthur. En ce sens, la Tragédie soit, si je traduis de l'archi-grec-teuton, le « jeu » du deuil autour d’un qui n’a jamais existé puisqu’il « est » l’existence (mais alors pourquoi dire encore "il" et pas "elle"?), présente en effet la purification du « pas-de-sens » en quoi Derrida voyait bien la seule signature du sacré. Ni présence ni absence, sens>sans passant dans ce qui se passe. Et que se passe-t-il alors ? Le « dieu », présent en tant que « sans », passe dans le temps, dans le "il se passe" (sans qu'il se passe quelque chose), dans un détournement « catégorique » où c’est désormais l’existence elle-même comme èthos qui devient divine, ce qu’Héraclite disait déjà mais d’un autre mot que ce sacré nom de théos, "dieu" : daimôn, le démon, comme on parle du démon du jeu — donc rien à voir avec le diable qui n’est qu’une plaisanterie douteuse inventée par les théologiens pour faire peur aux foules.
Mais alors il n’y a plus place pour aucune tragédie. L'existence suffit à prendre toute la place. Dieu = Dasein. Héraclite a transporté la « scène » là où il fallait : ici même sont les dieux.

Wednesday, August 25, 2010

L'ange blanc et la neige noire


"Et de quoi vivait-il donc - on ne sait, de l'air du temps sans doute, sa famille le tenait pour un bon à rien (ce qui d'une certaine façon et pris à la lettre n'est pas faux) et il détestait taper les rares amis restants - Quelqu'un a noté qu'il lui fallait 200 couronnes par mois, dont le tiers pour boire et fumer: Combien d'hommes, ajoute alors le témoin, peuvent-ils vivre avec une pareille somme? Mais vivre, il avait cessé depuis longtemps d'y aspirer, il respirait déjà un autre air, chantait un autre chant; tout ce qu'il demandait, c'était survivre, et pour cela, répétait-il, il n'avait besoin que de pain et de vin, une cellule de moine pourvu qu'elle ait la vue sur le dehors, fût-ce un simple champ de maïs sur quoi donnait la chambre qu'il avait louée dans la banlieue près de la garnison"
MFM, Tombeau de Trakl, page 39.

Thursday, May 6, 2010