Wednesday, October 19, 2011

Deuil de D


Le Livre des Morts a été expressément conçu pour faire le deuil de Derrida, aussi bien de l’homme (désigné par son nom propre) que de la « déconstruction » qui restera toujours à la place de Derrida, jamais à celle du Mort ; au fond, il a « débouché » sur tout autre « chose », et encore autre que cet Autre partout invoqué et jamais accepté (« comme tel »). Le Livre a montré notamment (même s’il n’a jamais eu pour but de démontrer quoi que ce soit) que, s’il n’y a absolument rien d’indéconstructible, peut-être cela laisse-t-il le Dasein hors de ce compte, au moins le Dasein pur & a priori, et non celui qui se comprend à partir des choses « dans » le monde. « La » déconstruction fonctionne de manière aussi irresponsable que toute métaphysique. Par exemple, sur « la mort », c’est-à-dire le Dasein comme pouvoir être rapport « à » sa propre « fin », Derrida a bien déconstruit le lieu commun (de l’On meurt, pas moi) en s’aidant d’ailleurs plus de Blanchot que de Heidegger, mais il l’a relevé, pour reprendre sa traduction du verbe spéculatif aufheben, en inversant les termes de l’équation : or non, je dis, chaque fois, chaque mort n’est pas la fin du monde, car sinon il y aurait autant de mondes que d’existants, et du coup plus de monde, si par monde on s’entend sur une définition commune : le monde comme l’en-commun de l’existence même (comme co-existence, Mitdasein). La mort de Derrida ne devrait donc rien changer à l’entreprise qu’il a « fondée », or partout nous voyons que « la » déconstruction semble aller à la dérive, à vau-l’eau disait justement Jean-Luc Nancy qui ne s’est pourtant pas privé de pondre un second volume de sa « Déconstruction du christianisme », dont le sous-titre montre à quel point ce mot tant usé et abusé peut aller jusqu’à dire le contraire exact de ce qui s’entendait communément jusqu’alors : l’Adoration, je lis, et n’en crois pas mes yeux, pardon si je suis comme Thomas, il me faut toucher la peau de l’Adoré(e) avant d’y croire, mais forcément si j’y touche, je ne pourrai plus jamais l’adorer…
Derrida s’est-il voué à l’adoration (de ses « fidèles »), en prévision d’une canonisation qui n’aura jamais lieu, c’est ce que j’ai toujours soupçonné, la figure du Juste, du Saint ou du Sage, dans n’importe quelle tradition monothéiste, ayant fatalement tenté tout philosophe digne de ce nom, et ce n’est donc pas de cela qu’il va s’agir. La religion, un mot qu’il a déconstruit avec une patience et une minutie exemplaires, n’a jamais été la question première de la philosophie « première », pour reprendre le bon vieil Aristote qui ne s’était pas encore rendu compte qu’il était l’inventeur de la « métaphysique ». Philosophie première parce que s’enquérant de ce qui vient en premier, en tête, commandant tout ce qui ne fera que suivre. La question porte sur le sens de « être », et à ce titre on rencontre aussi cet « être » qu’on nomme communément (car c’est un nom commun) « Dieu », qui par définition ne saurait faire question ; seul le Dasein peut questionner et donc être mis en question. Mais Dasein, voilà un mot que Derrida n’employait guère, et pas seulement parce qu’il est tenu, à juste titre me semble-t-il maintenant, pour intraduisible, dès lors que Heidegger en a proposé sa traduction en « un français impossible » (être le-là et non juste être-là comme on faisait avec Hegel par exemple). A fortiori ma création vous semblera-t-elle encore plus impossible, « Derridasein » c’est un monstre jamais vu, égal à la Chimère d’Aristote, un être du troisième genre ou du genre impossible, hors-genre ou transgénérique exactement comme le Dasein qui n’est au neutre que pour éviter justement de dire « l’homme » (incluant bien sûr la femme, puisqu’elle n’est qu’un appendice nécessaire à la reproduction du genre — forcément humain = hommain). Dasein est unique, absolument singulier en ce qu’il ne peut, tout du moins en son être, être remplacé par aucun autre. C’est la donnée de base, trop souvent oubliée de nos jours où seul le nombre, hoi polloi comme disaient les premiers philosophes, à commencer par Héraclite, compte. Et à ce compte l’ en to sofon restera à jamais inaccessible, même s’il venait à être traduit (interprété, joué) tel que Héraclite l’entendait. On peut bien compter les morts (par exemple 4,400 « casualties » parmi les troupes US pour la guerre d’Irak qui aura duré 7 ans, presque deux fois plus que la Grande Guerre, qui affiche un bilan en millions et non milliers), jamais la mort ne se laissera compter ni raconter, ou alors ce sera son instant aussitôt dérobé. Si j’insiste sur ce point, c’est qu’il fait du Dasein l’exception absolue, ou plus exactement que la « singularité » de la mort l’arrache à toute « naturalité », interdit toute généralité et par conséquent prive tout discours (même philosophique) à son « sujet » (qui n’en est pas un, qui ruine tout sujet) de toute position — exigeant donc ce que j’ai appelé, longtemps, « déposition », à entendre aussi comme un témoignage qui n’est jamais généralisable, puisqu’on est toujours le seul à pouvoir témoigner, et que, comme l’a dit Celan et répété Derrida, il n’y a pas de témoin pour le témoin.
2010, Avant-propos non lu pour "Derridasein" à la conférence de Londres "Derrida Today 2".

Saturday, October 15, 2011

Une pure parure


21 janvier 1993. Bicentenaire de la décapitation de Capet, alors qu'hier on célébrait à grandes pompes médiatiques le couronnement de Bill (en fait William Jefferson) Clinton. Ils se demandaient comment un garçon aussi moyen avait pu accéder à la présidence, devenir “l'homme le plus puissant du monde”, sans voir que la question impliquait déjà la réponse. C'est l'homme-moyen (Normalmensch, dirait Heidegger) qui a pris le pouvoir sur la planète. Justement, j'ai rêvé, encore une fois, du Vieux de la Montagne. Cela se passait chez mon père. Ma mère était absente: aussi bien n'aurait-elle pas toléré la présence d'un personnage aussi suspect sous son toit. Il y avait toute une assemblée et je me dirigeais tout de suite vers le grand homme qui, bien entendu, restait assis pour ne pas montrer sa petitesse. Je lui serrais la main, sans façons, tout en l'assurant de mon soutien, à quoi il répondait dans un français hésitant par une formule banale de politesse du genre: “Il y a longtemps que j'ai entendu parler de vous” (mais il ne disait pas si c'était en bien). La conversation tournait autour de la Poétique qui, malgré tout, porte son nom. Il me demandait pourquoi je ne la publiais pas. Je m'empêtrais un peu dans ma réponse: d'une part, parce que je n'avais pas tous les éléments “en main” (cette fois il m'avait serré la main sans me retenir), notamment sa conférence de Munich (où je savais qu'il était question de la main). Puis, il n'était pas sans savoir que le jury l'avait jugée sévèrement. A quoi il remarquait que les critiques étaient surtout verbales et que c'était la coutume. Ensuite, Madame Heidegger, assise à mes côtés mais à gauche (lui à droite), me prenait la main (gauche, donc), pour admirer mes bagues, surtout celle de l'auriculaire qui représente une main (je l'ai trouvée à Portland, Oregon; mais elle vient du Mexique, c'est un motif indien). Elle l'essayait sur la sienne, mais elle avait les doigts beaucoup trop gros. Donc, ce n'est plus la main de Heidegger, mais ma main. Gauche, gauchie, gauchisée. L'usage (Brauch, qu'il donne pour traduction de chrè, où il faut lire cheir, la main en grec) que je fais de Heidegger: un bijou que je montre, une pure parure.

Sunday, October 9, 2011

L'ennemie mortelle de D.

Mercredi 10 mars.

Seul le Vieux de la Montagne aura trouvé grâce à mes yeux. Parce que c’était déjà mon grand amour de jeunesse. Et la jeunesse du monde a parlé pour la première fois en grec. Les dieux grecs sont immortels parce qu’ils demeurent à jamais jeunes, comme la physis qui n’a été créée par personne, pas même les dieux ; ce n’était pourtant ni l’âge d’or ni celui de plomb où nous – vieilles branches – « vivons » dans la peur d’un lendemain pire que la veille. Et le paradoxe, c’est qu’au lieu de nous réfugier dans hier, nous fonçons tête baissée dans le vide même dont nous avons horreur ! Les Grecs n’auraient jamais pu se rendre coupables de l’invention d’un vieillard invisible mais voyant tout, paranoïaque & tyrannique ! Donc, malgré cet autre dieu que j’ai pu croire vénérer un temps (désigné par la simple lettre « D », donc, pour Derrida), il y a bien un abîme entre Athènes et Jérusalem (où je n’irai jamais) ; c’est bien pourquoi j’ai cherché une contrepartie à cet « impérialisme » grec (dans la pensée) du côté des Egyptiens ou des Péruviens. Car renverser le regard (faire le « pas en arrière » pour mieux sauter dans « le commencement à venir ») ne suffit pas ; il faut aussi s’écarter du « commencement » (grec), sinon on répétera inévitablement les mêmes erreurs de la « suite ». La « métaphysique de la présence » (à laquelle il n’est pas de contraire) doit se rapporter non à quelque absence mystérieuse (et de quoi donc, si la présence qualifie tout, même l’absence) mais à son envers sans présence (ni absence), à celui que j’appelle en conséquence « le Mort », soit le « gisant-dessous » que j’entends aussi « gît-sans » : sans logis, sans « lieu d’être ». Mais ce Mort s’il est divin (tel Osiris) ne saurait commander sur les vivants ; Horus, le fils plus ou moins bâtard puisque posthume, règne à défaut d’un Père absent, mais nullement « zoo-cieux » comme j’ai écrit hier dans un blog sur « l’ami du coin » qui se dit un Dépanneur en québécois. Donc pas de Tables dictées au sommet d’une montagne, pas de « commandements »…

Maintenant, que D. est mort, va-t-il siéger au Tribunal d’Osiris aux côtés de Toth ? Ou à sa place, même ? C’est quand même lui son « plus proche ». L’écriture, dieu sait s'il en a parlé, et écrit des tartines à son sujet ! Mais est-ce bien un sujet ? Quand on emploie le substantif en français courant, c’est pour nommer la manière d’écrire, à la main, naturellement. En ce sens « restreint », l’écriture de Derrida était assez détestable. Illisible serait encore une forme de compliment. J’emploie l’attribut (du sujet) à dessein, si c’est ainsi qu’il m’écrivait dans une lettre (à la main, donc) : « Vous savez que je déteste l’écriture ». Pour tout dire, il n’est pas impossible que, dans la guerre sans relâche qu’il a menée contre lui-même (dit-il dans son dernier « entretien »), l’écriture se soit montrée son ennemi mortel.

Friday, October 7, 2011

Virage du temps (revolutionnite)


« Virage du temps. » Belle formule, et qui n’engage à rien, puisque le temps ne nous appartient, si jamais, qu’un temps limité, autant dire jamais entièrement et donc au fond pas du tout. S’il tourne, on dirait plutôt qu’il tourne au vinaigre. Ne peut-on lire dans le journal (sur internet) l’admirable protestation du président russe, ex-patron du défunt KGB, contre la tentation américaine de vouloir exporter par la force la « révolution capitalistico-démocratique » ? Oui, on le lit, et personne ne semble avoir eu d’infarctus. Comme si la révolution avait fait un tour complet, sauf qu’elle ressort la tête en bas, plongée dans un puits de pétrole brut. Qui a jamais cru à l’exportation de la « démocratie », depuis les conscrits de l’an II ? Et d’ailleurs, la démocratie n’est pas forcément pour tout le monde… A supposer même qu’on puisse la tenir pour un modèle exportable, il faudrait d’abord l’avoir définie, arrêtée—et comment arrêter ce qui demeure à venir ? C’est pourtant ce qui a lieu sous nos yeux, ce qu’on appelle le « présent » : no future. Et de fait je n’ai plus le temps de vous parler. L’ai-je jamais eu ? J’aurais pourtant aimé vous parler de ce dont je ne peux parler maintenant, au futur qui fut un jour. A défaut, vous faire entendre les oiseaux hurleurs, ou vous faire manger des poissons à la framboise sur canapés d’écureuils. Vous montrer des images sans la moindre trace d’humanité (au singulier, au pluriel, ou à la sauce humanitaire). Des images sans personne. Des blancs partout, même une piscine noyée sous la pluie noire de palmiers échevelés, en Floride une nuit d’hiver. Nous sommes peut-être venus à un instant du temps, et du monde, où tout s’efface. Il n’y a plus aucune histoire, identité, nature qui tienne, il n’y a plus que la vitesse d’effacement, jusqu’à ce que nous saisissions, en un éclair, que l’effacement, c’est nous, c’est notre seule histoire, identité et même nature. Nous sommes l’effacement, l’effacement est notre être.

source: fin de www.writingwithoutwriting, translation in french by MFM, Leeds, U.K., 2003.

Thursday, October 6, 2011

Ulysse

Système analogique – éviter toute identification, même à un Nom tel que Personne. Ulysse, voilà mon vrai pseudo – pas idéal, juste vrai. C’est moi qui ai donné son nom à l’animal que je suis, car c’est bien lui qui me promène en laisse tous les jours ou presque, lui qui beaucoup erra – planète-erra, dit le grec, et de fait, j’ai fait toute la planète, mais je n’en ferai jamais le tour ! M’en garderai bien. Et ce n’est pas de peur d’un bain de sang, comme je l’écrivais dans l’hôpital où j’avais emmené l’Iliade comme livre de chevet : voilà ma Bible ! Si l’on me demande encore ma religion, je répondrai : celle d’Ulysse, qui abrite Athéna la chouette en son sein et pas la statue de la vache dorée qu’on adore, reconstituée fidèle à l’original détruit, au sein du Parthénon sis à Nashville, Tennessee. Cette chouette que j’ai trouvée le 11 mars 1977 sur la place du marché Sainte-Catherine à Paris, France, est revenue sur mon majeur de la main gauche, là où elle penche du côté de ma folie. Main de C. devant le trou des Halles devenu Forum, à voir comment Paris s’est plastifié et culturalisé sous toutes les coutures. En si peu de temps. Le ventre de la cité, purifié, aseptisé, énucléé, enculé dans les grandes largeurs. Achèvement grandiose du travail de boucherie accompli le siècle dernier par les Versaillais tenants de la veulerie morale toujours aux commandes aujourd’hui.

Ulysse ne voyage pas : il erre ; toujours à la recherche de son port d’attache, perdu. La perte au départ : il veut quoi, rentrer ? Après avoir pris Troie et fini le boulot. Mais la guerre n’est jamais finie, elle s’éternise, et même quand elle est déclarée finie, Mission Accomplie, on n’est pas encore sorti d’affaire, parce qu’on est toujours dehors, à l’étranger. A la guerre comme à l’étranger, tel est l’homme grec dans toute sa (dé)mesure. Il n’est homme qu’exposé au dehors, et lui, Ulysse, serait le seul à ne penser qu’au retour ?

On entre alors dans le « faux roman » et risque de ne plus jamais en sortir – piège de l’histoire. La boucle, le retour éternel et éternellement différé de celui-là, qui ne veut pas et veut rentrer, le veut pour occire les prétendants, tous ceux qui ont préféré se la couler douce à l’arrière, dans des bureaux à se goberger de victuailles et dossiers, à s’en faire éclater la panse aux frais de la princesse, et bien décidés à tout faire pour continuer ainsi ad vitam aeternam, y compris empoisonner votre Télémaque, « qui combat de loin », avec des armes qui portent loin comme la parole bien aiguisée.

Homère : le Même auteur pour le Maniaque Achille et le Dépressif Ulysse ? Ses deux fils ? A. l’ainé, extraverti, tout feu tout flamme, tout fou aussi, de douleur comme de colère, et U. le cadet, introverti, calculateur, réfléchi, mélancolique. Il faut pourtant se garder de les opposer terme à terme ; penser Homère à la manière d’Héraclite, en articulant harmoniquement le couple des frères ennemis : Achille le fils du Feu versus Ulysse-Personne, le Métis poly-trope et polytechnique, insaisissable comme le sera Socrate, ou tout philosophe-Protée.

Comment se fait-il qu’Achille pense à sa mère, et pas Ulysse ? Et à la mort, et pas Ulysse ? Achille sait qui il est, et pas Ulysse. Il le sait parce que sa mère est une immortelle de la mer, mais que mourir est son lot imparti à lui le fils comme à tout mortel : tôt ou tard, et sans hésiter (même si non sans regrets après coup) il prend la mort dans la fleur de l’âge, avec la gloire, soit la seule immortalité dévolue aux mortels. Jamais aucun peuple n’aura professé plus de mépris pour la vieillesse, et aucun de ses dieux, pas même le Souverain de l’Olympe, n’a un cheveu blanc ou une ride au visage. Et pourtant, Ulysse survit à tous les désastres possibles et inimaginables, mais sans vieillir, miraculeusement conservé, plus fort qu’un lion et le seul à pouvoir bander son propre arc (celui dont le nom est vie et qui porte la mort d’autant plus sûrement, car il n’y a jamais que la vie pour pouvoir nous tuer). Achille n’a pas beaucoup de temps devant lui, il le sait ; c’est pourquoi il le prend, violemment. Il n’y a pas d’autre façon de vivre en beauté. L’Odyssée, par contraste, ne vit que de détours, empêchements, désastres, de misères toujours nouvelles et toujours plus catastrophiques : ce qui se lit aux larmes d’Ulysse qui n’a pas encore dévoilé son identité, pas encore commencé le récit de ses tribulations mais sait déjà que personne ne va le croire, et peut-être lui-même n’y croit-il pas ? Qui pourrait témoigner de sa véracité s’il ne lui reste plus un seul compagnon survivant ? Et peut-être en effet a-t-il été obligé de mettre le pire sur le dos de monstres inventés pour cacher celui que le chœur d’Antigone décrira comme « ce qu’il y a de plus terrifiant » : l’homme tout court, l’homme tout nu qu’il est devenu. « Pantoporos aporos », ce mot que je traduirai par « passant partout sans arriver nulle part », c’est lui tout craché, Ulysse l’écumeur des lointains, toujours en train de chercher un moyen de s’en sortir, de passer mais vers où ? Ithaque a bon dos… Car la situation impossible où il se trouve jeté chaque fois, il n’est pas impossible qu’il ne l’ait pas plus ou moins obscurément désirée. Dans l’épisode du Cyclope, il l’avoue, c’est son insatiable curiosité qui l’entraîne jusque dans l’antre, ou plutôt le désir de (se) faire connaître, lui et la Loi qu’il incarne, celle de l’hospitalité et du commerce humain qui suppose la non-violence à la base ; au besoin, Ulysse se chargera d’en administrer la leçon en enfonçant un pieu rougi dans l’œil du Cyclope. Violence contre violence, ruse de la raison déjà : invention xénophile de la xénophobie, toute la civilisation occidentale part de là. Colonisation, acculturation, esclavage, et maintenant tourisme ou développement (des banques d’abord).