Saturday, January 19, 2013
Wednesday, January 9, 2013
Saturday, December 29, 2012
théo(a)gonie
Hésiode s’en est peut-être
inspiré, lui qui fait de Chaos le point de départ absolu. Chaos et non
désordre : sinon, il faudrait supposer un ordre antérieur à Chaos. Les
Egyptiens l’ont nommé Nun, l’Océan
sans bords, les Eaux d’Origine. On pourrait dire le zéro avant l’Un, avant tout
compte et donc tout conte. Mais il faut observer que cette sorte de
« création » reste sans Créateur, ou alors avec plus d’un : par
exemple dans d’autres théologies, le dieu Ptah, le forgeron identifié par les Grecs
au boiteux Héphaïstos ; à Hermopolis, c’est Toth, le premier à savoir
écrire son nom. Dans tous les cas, à la différence de la Genèse biblique, après la création, loin de disparaître,
le chaos continue à menacer l’ordre des choses, qui restent toujours dans un
équilibre précaire. Le système d’Héliopolis, qui a eu un rôle hégémonique à
cause du pouvoir royal solaire, est structuré tardivement en un groupe
d’ennéades, soit neuf, soit trois au carré, trois étant le départ du
« plus d’un », deux n’étant jamais pluriel mais duel comme le couple
frère-sœur. L’histoire peut se rapporter ainsi : Atum indifférent à
l’histoire (car tout à sa pénistoire) se masse l’Turban, engendrant ainsi la
première paire du service divin, Shu (prononcez : Chou) et Tefnut, soit
l'air mâle et l'eau femelle. Après avoir détruit tout, Un devient deux. Il se
transforme en l'autre, sans cesser jamais d'être l'Un puisque, de son point de
vue absolu, l’Un est Tout, comme dira
Héraclite. Cette première paire d’as engendre à son tour une paire royale, Terre
(Geb) et Ciel (Nut) ; au contraire des Grecs (et de nous, donc), Terre est
un Masculin et Ciel un Féminin, Nut étant parfois représentée sous l’aspect
d’une truie qui dévore ses propres enfants (les étoiles) comme Chronos chez les
Grecs. Du couple géo-céleste, naissent les quatre cartes qui composent avec les
deux générations précédentes et l’Ancêtre à tam-tam le jeu complet des
Ennéades. D’une part, on a la paire droite Osiris-Isis, et, de l'autre,
l’impair gauche constitué du fou Seth (en hébreu Satan) et de son âme damnée
Nephtys. Osiris mis pour le Roi est le fils aîné, légitime donc, assassiné
lâchement dans un complot ourdi par son frère Seth qui découpe son corps en
quatorze morceaux qu’Isis la sainte sœur ira ramasser grâce au flair d’Anubis,
le fin limier lévrier patron des embaumeurs. Mais, même recousu, Osiris restera
mort : démembrés, ses abattis seront numérotés, catalogués et fichés comme
pièces à conviction dans le premier Procès de l’Histoire. Osiris ne revient
jamais au jour, il reste mort, et le demeure à jamais même s’il s’éveille à une
vie autre, que l’on ne peut comparer
qu’à celle du Livre.
Sources:MFM, LM (2006), chapitre 2; TOTH'M (2009), chapitre 3.
Tuesday, December 25, 2012
Noël sur la terre (citation)
Du même désert, à la même nuit, toujours mes yeux las se réveillent à l'étoile d'argent, toujours, sans que s'émeuvent les Rois de la vie, les trois mages, le coeur, l'âme, l'esprit. Quand irons-nous, par-delà les grèves et les monts, saluer la naissance du travail nouveau, la sagesse nouvelle, la fuite des tyrans et des démons, la fin de la superstition, adorer - les premiers! - Noël sur la terre!
Arthur Rimbaud, "Matin", Une Saison en Enfer
Dans les rêves, les Morts apparaissent souvent plus vivants que les vivants, parce qu'ils ont été lavés de cette faute: être né. [...] Il était jeune, chaleureux, vrai ami de la Maison, nullement cassant. Seulement, il ne pouvait pas rester, il avait un train à prendre. Dans la cuisine, chacun était assis à causer, de choses et d'autres; une bouilloire fumait juste derrière. L'hôte voulait lui offrir, avant qu'il ne repartît dans la nuit, un exemplaire de La Disparue. C'était la veille de Noël, et tous les exemplaires avaient mystérieusement disparu des étalages des librairies, comme si l'ouvrage avait été mis à l'Index. Son visage alors s'illuminant d'un sourire enfantin, le visiteur du soir repartit: Noël sur la terre! citant, comme il le savait et comme cela allait sans dire, Rimbaud "dans le texte", ainsi qu'il fit remarquer avec un mélange bizarre de naïveté et d'amour-propre.
MFM, Tombeau de Trakl, "Au Nom de l'autre".
Sunday, December 23, 2012
Thursday, December 20, 2012
Wednesday, December 19, 2012
Le bien du monde?
....et la lettre [d'Adolf Loos] finit ainsi, laissez-moi vous quitter sur ces mots, en vous remerciant d'avoir été si patients:
Adieu, cher Trakl! Pour le bien du monde, restez en bonne santé! Tenez-vous pour le vase de l'Esprit que nul, pas même Georg Trakl, n'a le droit de briser.
Tombeau de Trakl, p. 66.
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